Le contrat social

Du Contrat social du Rojava au Contrat social de la Fédération Démocratique de la Syrie du Nord : sur la route d'une Fédération De la Syrie Démocratique, seule garantie pour la paix, la stabilité et la prospérité en Syrie

Alors que certaines puissances régionales continuent leurs ingérences et leurs interventions mortifères en Syrie, alors que l'alternative dominante oppose l'essentialisme ethnique (sous la forme de l'Etat-nation syrien incarné par le régime) à l'essentialisme religieux (sous la forme d'Etats califales djihadistes), depuis le lancement de la « révolution du Rojava » en juillet 2012, non seulement les peuples se défendent mais en plus ils prennent en main leur destin pour dessiner une autre issue, émancipatrice elle.

En effet, dans les zones autour des villes d'Afrin, de Kobanê et de Jazira, les peuples se sont défendus et organisés. Grâce aux YPG (Unités de protection du Peuple) et leur branche féminine, les YPJ (Unités de protection de la Femme), ainsi que leurs alliés, ces peuples se sont défendus contre toutes les agressions (celles du régime et surtout celles des islamofascistes, qu'il s'agisse de Daech ou des rebelles djihadistes). Les peuples se sont aussi politiquement organisés : en adhérant au Contrat social des cantons autonomes du Rojava en janvier 2014, les régions d'Afrin, Kobanê et Jazira ont formé les cantons constitutifs du Rojava. Ayant vocation à organiser une auto-administration provisoire, ce contrat a été rédigé par une assemblée de délégués (représentant plus d'une trentaine d'organisations civiles et politiques issues des communautés ethnico-linguistiques de ces trois régions). On peut se faire une idée du caractère progressiste de ce Contrat social en consultant sa version en français disponible ci-dessous. On signalera seulement la présence des conventions et traités internationaux relatifs aux droits de l'homme ainsi que celle de normes consacrant les libertés individuelles et politiques, la liberté de culte, l'égalité de tous, les droits des femmes, la justice sociale, l'écologie. On ajoutera aussi l'interdiction de la torture et de la peine de mort. Aucune trace de normes essentialistes qu'elles soient ethniques ou religieuses : le Contrat social s'accorde à la mosaïque du Rojava puisqu'en plus des Kurdes on y trouve des Arabes, des Assyriens, des Syriaques, des Chaldéens, des Turkmènes, des Arméniens, des Tchétchènes, les uns et les autres pouvant être musulmans sunnites ou alaouites, chrétiens, yézidis ou athées. Aucune trace non plus de domination masculine : les droits des femmes et l'égalité stricte des genres sont consacrés. Enfin, dans ce contrat, nulle mention d'un « Etat kurde », ni d'ailleurs, à proprement parler, d'Etat, mais seulement d'une architecture générale des institutions de l'auto-administration démocratique du Rojava, au sein des frontières actuelles de la Syrie.

Ayant fait preuve de leur efficacité dans la protection des populations, les YPG et les YPJ sont devenues depuis octobre 2015 le cœur d'une coalition appelée les « Forces Démocratiques Syriennes » (FDS). Après l'invasion du Rojava en août 2016 par le régime fascisant du président turc Erdogan (soutient indéfectible des djihadistes en Syrie), les FDS ont lancé en novembre 2016 une campagne (« Colère de l'Euphrate ») pour libérer Raqqa du joug de Daech (avec le soutien de la coalition internationale, au grand dam de la Turquie). Ce faisant, un grand nombre de territoires débordant les cantons du Rojava ont été libéré de l'islamofascisme. Alors, l'expérience du Rojava (paix sociale, paix intercommunautaire, liberté de culte, sécurité et défense des populations, démocratie participative, égalité homme - femme etc.) a séduit une population de plus en plus importante qui a souhaité s'en inspirer. Ainsi, une assemblée constituante de 165 délégués issus du Rojava et des territoires libérés a déclaré le 29 décembre 2016 la création de la Fédération Démocratique de la Syrie du Nord (dont le Rojava fait donc partie en tant que région désormais). Un nouveau contrat social a été adopté : le Contrat social de la Fédération Démocratique de la Syrie du Nord (consultable ci-dessous).

La formation de cette Fédération Démocratique de la Syrie du Nord est en partie la concrétisation d'un projet lancé en mars 2016 par le Conseil de la Syrie Démocratique (codirigé par Ilham Ahmad – une kurde – et Ryad Dherar – un arabe –, ce Conseil est composé des forces démocratiques et des personnalités politiques progressistes de toute la Syrie). Sur la base de l'expérience réalisée au Rojava, ce conseil avait en effet lancé le projet d'une Fédération de la Syrie Démocratique : aujourd'hui encore, c'est toujours le seul projet susceptible de constituer une issue positive à la tragédie syrienne (et le seul dont ni le régime, ni les rebelles djihadistes ne veulent entendre parler pour l'instant).

Sur le chemin vers ce projet, les peuples de la Syrie du Nord ont donc créé la Fédération Démocratique de la Syrie du Nord dans les zones libérées et défendues par les FDS. A la lecture du Contrat social ce cette Fédération, il ne faudra donc pas s'étonner de références régulières à la Fédération de la Syrie Démocratique (qui n'existe pas encore). Finalement, le Contrat social de la Fédération Démocratique de la Syrie du Nord donne à voir la société que les peuples veulent et réalisent dès aujourd'hui : une société fraternelle, démocratique, écologique et émancipatrice pour tous sans distinction de genre, d'ethnie ou de confession. La résistance et la lutte héroïques de ces peuples n'ont pas d'autres motifs.


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