AFRIN : CONFÉRENCE DE PRESSE, MAIRIE DU 1OEME, PARIS, LUNDI 19 FÉVRIER 2018

Publié le 20/02/2018


La Salle d'Honneur de la mairie du 10ème arrondissement de Paris était pleine. Des journalistes bien entendu, des citoyens aussi, ainsi que des responsables associatifs, politiques et des élus comme en particulier le sénateur de Paris, Monsieur Rémi Féraud (ancien maire d'arrondissement) et Madame la Maire du 10ème, Alexandra Cordebard, venue nous accueillir avec des membres de son équipe. Nous adressons nos plus profonds remerciements à nos hôtes pour leur accueil chaleureux et leur solidarité.

Durant cette conférence de presse, Khaled Issa a rappelé le caractère mensonger de la propagande d'Erdogan visant à justifier son opération contre Afrin : les seuls terroristes à Afrin sont les milliers de djihadistes, supplétifs de l'armée turque, qu'Erdogan a lâché depuis le 20 janvier sur notre région pacifique ; en outre, avant cette date, aucune des composantes des Forces de la Syrie Démocratique (FDS), dont les YPG-YPJ, n'a jamais visé le territoire turc (malgré d'incessantes provocations). La seule motivation de cette invasion tient aux calculs d'Erdogan : en recourant au registre raciste du « danger kurde » et à celui du « djihad », Erdogan veut étendre l'emprise de son islamofascisme sur le nord de la Syrie et maintenir son pouvoir de nuisance régionale et internationale afin de se garantir le silence de la communauté internationale (via le chantage aux réfugiés et celui du terrorisme djihadiste, danger dont il a le contrôle). Erdogan ne peut pas supporter qu'une expérience démocratique, laïque, féministe, multi-ethnique, multi-confessionnelle et pacifique telle que celle en cours à Afrin et dans l'ensemble du Rojava ainsi que dans la Fédération Démocratique de la Syrie du Nord (FDSN) puisse voir le jour aux portes de la Turquie. Il ne supporte pas qu'en plus cette expérience ait fait et continue de faire ses preuves en termes de lutte contre le djihadisme, de stabilisation régionale et de coexistence pacifique.

Khaled Issa a rappelé une nième fois que l'auto-administration du Rojava - FDSN ne vise en aucun cas à la constitution d'un quelconque Etat-nation, ni donc à remettre en cause les frontières actuelles de la Syrie (et encore moins celles des pays limitrophes). Malgré ses imperfections, l'expérience en cours au Rojava-FDSN est une lueur d'espoir qu'il faut préserver de la barbarie raciste et djihadiste.

Khaled Issa a aussi rappelé l'importance de la mobilisation de la communauté internationale, les enjeux à Afrin dépassant largement le cadre régional puisqu'ils concernent aussi la sécurité en Europe et en France en particulier. Patrice Franchesci est intervenu pour notamment faire écho à notre représentant : la sécurité de la France est aussi en jeu à Afrin et malgré les difficultés diplomatiques et internationales (la Turquie d'Erdogan étant membre de l'OTAN), la mobilisation des autorités contre la guerre d'Erdogan à Afrin est nécessaire. Les intervenants ont évoqué les atrocités commises par l'armée turque et leurs supplétifs djihadistes à Afrin depuis le lancement de l'opération d'Erdogan. En outre, fort de plusieurs séjours au Rojava, Patrice Franchesci et Stéphane Breton ont pu témoigner du caractère pacifique et tolérant de l'expérience en cours là-bas, en dépit de la guerre et des nécessités de l'auto-défense de la population. Enfin, le géo-stratège Gérard Chaliand est aussi intervenu pour présenter les tenants et les aboutissants de la stratégie d'Erdogan, de la Russie, du régime syrien et de la coalition internationale.

Finalement, la conférence de presse s'est conclue par des échanges avec la salle.

Nous remercions tous ceux qui ont rendu possible cette conférence de presse ainsi que l'ensemble des participants. Nous présentons nos excuses pour les éventuelles omissions et approximations.


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