LEVER LE VOILE SUR LES CRIMES DE LA TURQUIE ET DE SES DJIHADISTES À AFRIN MALGRÉ LA PROPAGANDE TURQUE

Publié le 23/02/2018

À en croire Erdogan, son opération lancée depuis le 20 janvier 2018 contre Afrin et qui mobilise toute l'armée turque et son armement (avions de chasse, blindés et artillerie) ainsi que des milliers de djihadistes (les « rebelles modérés » de l'Armée Syrienne Libre, selon les propagandistes), n'a fait jusqu'à présent aucune victime civile (ni même de blessés). Il est vrai qu'à considérer opportunément toutes les cibles visées comme des cibles militaires et toutes les victimes comme des combattants (ou des « terroristes » selon la propagande turque), Erdogan peut affirmer de telles contre-vérités. D'après la Turquie plus de 1700 « terroristes » ont été neutralisés (i.e. tués ou faits prisonniers). Libre à chacun d'adhérer ou pas aux élucubrations de la Turquie (en se rappelant tout de même le sort réservé là-bas par Erdogan aux journalistes, à la liberté de l'information, aux libertés en général et à tous ceux qui ne s'alignent pas sur sa propagande).

Pour notre part, nous relayons les informations des autorités démocratiques d'Afrin et du Rojava - Fédération Démocratique de la Syrie du Nord ainsi que celles des Forces de la Syrie Démocratique (FDS). Il ne s'agit pas d'opposer à la propagande turque, notre propre propagande. En effet, nous avons confiance dans nos autorités et nos forces. En outre, nous ne mettons aucun massacre de notre population en scène, nous n'aggravons aucun bilan et nous ne filmons aucune des atrocités commises par la Turquie et ses djihadistes (ce sont eux qui aiment filmer leurs exactions).

Pour rappel, voici les informations rendues disponibles par nos autorités : selon le Comité de la Santé d'Afrin, en 34 jours depuis le 20 janvier, les forces turques et leurs supplétifs djihadistes ont tué 176 civils ; Nouri Mahmoud, porte parole des YPG a lui annoncé la mort de 180 civils (l'écart pouvant tenir à la différence entre les dates auxquelles les bilans sont arrêtés).

Bien entendu, nous comprenons que l'opinion publique puisse exiger d'autres sources d'information, réputées plus « impartiales » ou « objectives ». Depuis des années, nous faisons tout notre possible pour permettre l'arrivée au Rojava de journalistes (notamment occidentaux), malgré l'embargo. Ce sont en effet les puissances hostiles, et la Turquie en particulier, qui prennent soin d'empêcher cette arrivée de journalistes. Dans l'attente d'enquêtes internationales (que nous appelons de nos vœux), nous ne pouvons que contribuer à lever un coin du voile sur les crimes de guerre et les crimes contre l'humanité commis par la Turquie et ses djihadistes à Afrin depuis le 20 janvier. C'est la raison pour laquelle nous essayons de diffuser les rares informations disponibles qui ne proviennent pas de l'agresseur (la Turquie et ses djihadistes) ni de l'agressé (Afrin, le Rojava-FDSN et ses forces d'auto-défense), comme par exemple celles provenant de certaines ONG internationales à propos du décompte des victimes civiles :

Après enquête sur seulement trois attaques (celles menées par les forces turques le 21, 27 et 28 janvier), Human Right Watch conclue notamment que 26 civils (dont 17 enfants) ont été tués : le 21 janvier, des frappes aériennes turques ont visé une ferme à Jalbul (à l'est de la ville d'Afin) tuant 11 civils (dont des enfants) ; le 27 janvier, les forces turques ont bombardé une maison à Ma'Batly (dans le district d'Afrin) tuant 7 membres d'une famille de déplacés (ayant trouvé refuge dans le canton). Le 28 janvier, l'aviation turque a bombardé un ensemble de tentes près du village de Kobla (dans le district d'Afin) abritant la famille Kano : au moins 8 civils (dont 5 enfants) on été tués. La responsable de HRW pour le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord, Lama Fakih, a ainsi déclaré : « il apparaît que des civils vulnérables font face à la mort et sont contraints de se déplacer en raison de la manière dont l'offensive turque est menée ».

Selon l'ONG AIRWARS (chargé de dénombrer le nombre de victimes civiles causées par des frappes aériennes en Syrie et en Irak), du 20 au 31 janvier entre 74 et 111 civils ont été tués par les forces turques. Ce bilan ne tient pas compte des civils tués depuis le début du mois de février. Le rapport signale l'évidence : on peut s'attendre à une augmentation des victimes civiles avec l'intensification des bombardements turques sur les zones densément peuplées.


Représentation du Rojava en France
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